24 Aoû 2017

Midnight Oil : Critique et photos du spectacle de Montréal (2017)

Après une absence de plus de 15 ans, les Australiens de MIDNIGHT OIL étaient de retour en sol québécois. Bien qu’intimidés, de leur propre aveu, par un bel endroit comme la salle Wilfrid-Pelletier après avoir foulé les planches du défunt Spectrum lors de leur dernier passage, ils ont été très généreux avec leur public montréalais, lui offrant une bonne vingtaine de chansons.

Mais disons-le d’emblée : à part les amateurs de la première heure, la plupart des gens ne connaissent que trois ou quatre chansons du groupe, soit The Dead Heart, Beds Are Burning, Blue Sky Mine et peut-être Power and the Passion. Et comme de fait, il a fallu attendre à la toute fin, juste avant les rappels, pour pouvoir les entendre. Heureusement, le reste du matériel présenté s’écoutait très bien, à commencer par la première, Redneck Wonderland, qui a été une belle découverte pour ma part. Et le gars à côté de moi tripait trop tout le long du spectacle pour que quiconque puisse prétende que c’était ennuyant!

D’ailleurs, même sans connaître les mélodies ou les paroles, on ne pouvait qu’apprécier la voix unique de Peter Garrett, ainsi que ses gestuelles saccadées et imagées, accentuées par sa grande taille. Son énergie était contagieuse et ses propos faisaient réagir, parfois par humour, surtout par dénonciation ou appréciation politico-sociale. Avec son passé de militant et de politicien, on ne pouvait se surprendre qu’il parle (brièvement tout de même) de désarmement nucléaire, de réfugiés ou de politique américaine. Ni de le voir porter des chandails avec un message comme « You’re fired » ou « To sin by silence when we should protest makes cowards out of men » (une citation d’Ella Wheeler Wilcox, si je me fie à mon bon ami Google, qu’on pourrait traduire par : pécher par le silence quand on devrait protester fait des hommes des lâches). Et je ne sais pas si c’était par respect pour ce personnage si particulier, mais il y avait étonnamment peu de cellulaires qui filmaient ou qui prenaient des photos. C’est rare en 2017 et on se serait presque cru dans les années 80!

L’autre musicien qui se démarquait était le batteur Rob Hirst. Dynamique et souriant, il tapait comme un vrai jeunot, lançant régulièrement un bras en l’air, tout en suivant des rythmes assez rapides merci. Il avait aussi un mécanisme pour approcher ou éloigner un micro pour joindre sa voix à celles de ses confrères et un genre de tuyau d’égout qui n’a semblé servir qu’à deux ou trois coups pendant son court solo. Autre fait marquant : vers le milieu de la prestation, il s’est installé derrière une batterie miniature faite sur mesure pour une petite portion semi-acoustique après avoir fait la présentation des musiciens, et ce, à 90 % en français. Un bel effort qui a beaucoup plu à l’auditoire!

En somme, c’est une très belle soirée que nous ont offert ces musiciens venant de l’autre bout du monde. Et gageons que je n’étais pas la seule à avoir des « tou-dou tou-dou tou-dou-dou » dans la tête en rentrant à la maison.

Lu 1681 fois Dernière modification le jeudi, 24 août 2017 00:52
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