30 Sep 2017

Tash Sultana: critique et photos du spectacle (2017).

Le Métropolis, euh, M Telus accueillait hier soir ce qui est probablement la tournée la plus minimaliste de l'année.

En comptant les deux spectacles, ce sont trois musiciens qui se sont présentés sur scène, trois Australiens. La prodige Tash Sultana monte sur les planches montréalaises pour la première fois, en tête d'affiche. Elle était précédée des Pierce Brothers.

C'est dans un M Telus presque plein que les Pierce Brothers ont commencé leur spectacle. Les jumeaux Pierce ont conquis la foule très rapidement. Multi-instrumentalistes tous les deux, ils jouent tous les instruments de leur spectacle, tout en donnant tout un spectacle. Les cheveux volent dans tous les sens, Jack ou Pat (je ne sais pas lequel des deux), derrière ses percussions, saute, se dandine, arpente la scène. Il utilise les éléments de décor comme percussion et utilise même la guitare de son frère pendant que celui-ci joue. Avec une heure à leur disposition, ils ont fait tout un tabac. La foule ne s’est pas gênée pour montrer son approbation de ce qu’elle entendait. Malgré tout le temps qui leur était accordé, les Pierce Brothers ont terminé le spectacle en laissant la foule sur leur faim. Les gens en auraient voulu encore. Après une telle réaction, je me suis demandé si les gens n’étaient pas venus voir les jumeaux plutôt que la tête d’affiche. Oh que non...

Tash Sultana a fait son entrée sur scène à 21h30 précise, pieds nus, les cheveux longs retenus par une tuque. Son look habituel.  Devant l’accueil de la foule, qui était vraiment très bruyante, elle a comme figé, puis esquissé un grand sourire. Elle a sorti son téléphone pour filmer. À la fin d’un spectacle, c’est pratiquement rendu la norme que les artistes prennent des photos de la foule, mais c’était la première fois que j’en voyais une prendre des images avant même de commencer à jouer.

Elle est seule sur scène, entourée de ses instruments et de ses machines. Elle joue aussi bien des uns que des autres. Pendant un peu plus d’une heure et demie, nous avons droit à un ballet. Tash Sultana, la guitare à l’épaule, virevolte sur sa petite scène, jouant des claviers ou de la batterie électronique, activant et désactivant ses effets et les boucles d’instruments avec ses pieds, faisant du beatbox. Ah oui, elle chante aussi. On pourrait croire qu’une telle prestation serait étourdissante, voire désagréable, mais c’est tout le contraire. Sa musique est planante, sa voix très agréable et malléable et, surtout, Tash Sultana est très expressive sur scène. Elle vit sa musique. Très difficile de ne pas se laisser entraîner. Les qualificatifs qui me sont venus immédiatement à l’esprit sont envoûtante, fascinante et hypnotique.

Ses interventions avec la foule sont plutôt rares. Elle nous parle un peu pour nous présenter une chanson. Elle nous remercie de l’accueil. Ses chansons sont longues et complexes. Elles s’installent comme une atmosphère. Tash Sultana étend couche après couche de percussions, d’effets sonores, de boucles enregistrées. Elle joue de la trompette, de la mandoline, des claviers et, comme je l’ai mentionné, de la guitare. Elle est très à l’aise avec ses instruments et il faut entendre son solo de guitare dans Jungle, la dernière chanson du spectacle, pour se rendre compte qu’elle JOUE véritablement, elle ne fait pas que s’accompagner.

Je l’ai découverte dans Youtube et j’avais très hâte de voir cette “bébitte”-là en spectacle. Je n’ai vraiment été déçu. Je dirais même qu’elle a été au-delà de mes espérances. Le seul bémol de la soirée, c’est la foule. Autant elle était bruyante pour accueillir et applaudir les artistes toute la soirée, autant j’ai entendu parler des gens toute la soirée, pendant les chansons et entre les chansons. J’avoue que je ne suis pas habitué à ça. Malgré tout, j’ai passé un trois heures vraiment très agréable. Avec le traitement qu’a réservé la foule aux artistes, il ne faudrait pas s’étonner de les revoir bientôt à Montréal. À Osheaga, peut-être?

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