22 Nov 2017

Yelawolf : critique et photos du spectacle à Montréal (2017)

Le rapper et chanteur de l’Alabama, Yelawolf, était à Montréal pour un deuxième spectacle en pratiquement deux ans. Il était accompagné de Mickey Mike, qui assurait la première partie. 

Mickey Mike est une drôle de bibitte. Avant même son entrée sur scène, ma curiosité était piquée par la grande roue de fortune qui occupait le centre de la scène. Mickey est accompagné d’une chanteuse/claviériste, Christina, et un batteur, « Silver Fox ». Son spectacle est pratiquement un spectacle de variétés psychédélique, avec des jeux, des chansons et des surprises, mais totalement déjanté. Il a fait ses chansons, Doin’ Me, Going Charlie, Mickey Likes It et quelques autres, il a fait venir des gens sur scène pour tourner sa « Wheel of Misfortune » (roue de malchance), qui contient uniquement seulement des choses horribles et d’autres encore plus horribles. Le premier « concurrent » a dû boire de l’eau de bain (dans une bouteille quand même) et c’était l’eau de bain de Christina, donc pas trop sale. Les deux autres concurrentes ont dû boire une « shot » de chaussure. Il a retiré une de ses bottes et versé un peu d’alcool et elles devaient le boire. Il a aussi annoncé qu’un groupe n’a pas pu traverser la frontière, alors il avait 10 minutes de plus que d’habitude, alors Christina allait faire une de ses chansons et le batteur allait faire un solo. Rien de cela n’avait l’air préparé. Les musiciens avaient véritablement l’air pris au dépourvu. C’est le genre de spectacle que j’adore. Mickey Mike a occupé ses quarante minutes de scène avec un aplomb remarquable et a gagné au moins un fan ce soir.

Après le changement de scène habituel, c’était au tour de Yelawolf, Michael Wayne Atha, d’entrer sur scène. Yelawolf est un rapper/chanteur qui vient du Sud des États-Unis, de l’Alabama, et il fait une espèce de hip-hop sudiste, fier de ses racines. Il est accompagné sur scène par un guitariste, un batteur et un DJ. D’entrée de jeu, la foule lui accorde un accueil extraordinaire. Les gens chantent toutes ses paroles, sautent, dansent. Le party est dans le MTelus.

Ceux qui craignaient avoir droit à une reprise de son spectacle de l’année dernière, ça n’a pas été le cas du tout. Il a évidemment repris quelques chansons, ses plus populaires, mais a changé les autres. Catfish Billy, Johnny Cash, Best Friend, Pop The Trunk; la soirée a été fort bien remplie. C’est 18 chansons que nous offrira le rapper. Yelawolf ne se gêne pas pour accompagner ses chansons de commentaires et pour parler à la foule. Pour présenter Pop The Trunk, il a scandé « F*ck Donald Trump, and f*ck Hillary too! ». Avant d’entreprendre Best Friend, il a expliqué que personne ne comprenait ce que voulait faire ce petit gars du Sud, avec ses tatouages et son chapeau, quand il a commencé à faire de la musique. Quelques personnes l’ont compris, dont un membre de Lynyrd Skynyrd et Eminem Il n’a pas cessé de répéter que le spectacle de Montréal este le plus incroyable de la tournée jusqu’à présent et la foule a compris le message. Les gens ont maintenu l’intensité du début à la fin, et ce, de l’avant jusqu’à l’arrière de la salle.

Pour son rappel, Yelawolf a interprété Daddy’s Lambo, puis PUNK. Pour cette chanson, il a demandé à la foule de faire de la place au centre du parterre et a dit aux gars d’être des gars et aux filles, qu’elles pouvaient aussi être des gars. Dès les premières notes, le chaos s’est emparé du plancher : slamming, body surfing, tout y est passé.

J’avouerai que je ne connaissais pas Yelawolf. Je suis allé écouter ses albums avant le spectacle et je n’étais pas convaincu. Ses chansons prennent une tout autre envergure en spectacle. La présence du guitariste et d’un batteur (et d’une « vraie » batterie) vient ajouter une dimension qui n’est pas assez mise en évidence dans ses enregistrements, selon moi. La touche de rock sudiste, de country, dans sa musique est vraiment rafraîchissante. Dans un univers hip-hop qui m’apparaît assez homogène (non, je ne suis pas un expert), Yelawolf tire très bien son épingle du jeu et a su conquérir des fans fidèles. Ceux-ci n’ont pas manqué de lui faire savoir hier soir.

Lu 1715 fois Dernière modification le mercredi, 22 novembre 2017 11:50
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