25 Fév 2018

Watain / Destroyer 666 : Critique et photos du spectacle de Québec (2018)

Retour sur la soirée du 24 février à Québec avec Watain, Destroyer 666 et Revenge.

Tout d’abord c’est le groupe Revenge, originaire d’Edmonton en Alberta, qui débarque sur scène avec son death métal très très intense. Sur disque, Revenge sonne comme une véritable séance de torture, par contre sur scène – première partie oblige –, on dénote un léger manque de puissance, à cause de la sonorisation limitée. Pourtant, le batteur s’acharne sur son kit avec brio, tandis que le bassiste et le guitariste s’échangent sans relâche les parties vocales; le premier se charge des cris gutturaux, alors que le deuxième s’occupe des proclamations plus stridentes. L’intensité soutenue nous fait presque oublier qu’il y a peu d’échange avec le public et que le bassiste et le guitariste n’ont pas bougé d’un poil durant tout le set. Je sais que ce genre de spectacle est important pour se faire connaître, mais Revenge bénéficierait grandement d’un retour en ville, dans une salle plus petite, avec une sonorisation plus adéquate, afin qu’on puisse apprécier toute la sauvagerie qui caractérise ce groupe, qui a tout de même 5 albums à son actif.

Destroyer 666 est un groupe originaire d’Australie, mais dont les membres se sont relocalisés en Europe – en raison d’affinités stylistiques je suppose. En tout cas, nous sommes devant des musiciens aguerris, qui nous ont offerts une très belle sélection de compositions de haut calibre. Leur son fait penser à un mélange de thrash métal old school, de Judas Priest et de Motorhead, le tout pimenté d’accents black métal. En gros, Destroyer 666 n’offre rien de bien nouveau, mais c’est diablement bien exécuté. Les gars sont très actifs sur scène et les tempos entraînants de leurs chansons animent la foule qui en redemande. Le groupe prend tout de même le temps de créer des moments plus atmosphériques, surtout lors des introductions, ce qui ajoute grandement à un spectacle réglé au quart de tour. Malgré des qualités techniques indéniables – surtout le guitariste soliste – les musiciens sont au service des compositions. Au lieu d’essayer de prouver quelque chose ou d’en mettre une couche de trop, le groupe mise sur la qualité et l’efficacité. Ils sont aussi très charismatiques et n’ont aucune misère à rejoindre le public. Une excellente performance, offerte par un groupe qui vaut le déplacement.

C’est maintenant au tour du groupe suédois Watain de prendre d’assaut la scène, qui a d’abord été habillée de crânes de bête, de chandelles, de torches allumées et d’effigies diverses. Oui nous aurons droit à un spectacle de black métal en bonne et due forme, avec tout ce que cela implique. Le groupe, galvanisé par la sortie d’un excellent nouvel album, se présente devant la foule dans une ambiance théâtrale, qui donne des frissons dans le dos. On ne pourra jamais reprocher aux groupes de black métal de ne pas avoir le sens du spectacle. Les 5 musiciens ont des allures de cadavres en décomposition et leur musique est tout à fait ajustée à leur apparence. On se croirait dans un cauchemar qui n’en finit plus. Watain sonne comme une explosion, exactement comme leur chanson Nuclear Alchemy. Très impressionnant. Malgré quelques moments d’ambiance – particulièrement appréciés de ma part – les chansons sont toutes livrées avec violence et précision. Malgré une petite baisse de régime en fin de match, les musiciens ont une énergie époustouflante. Ça ne s’arrête presque jamais! On assiste à un véritable feu roulant, qui laisse peu de répit à la foule. Dans la fosse, on s’affronte par secousse. On préfère se garder du jus pour les parties plus intenses, qui souvent nous prennent par surprise. Watain est un groupe sournois et rusé, qui frappe fort quand on s’y attend le moins. À la moindre accalmie, le groupe repart de plus belle avec l’agressivité d’une bête féroce. Mais ce qui démarque Watain des autres groupes du genre, c’est surtout ce côté mystique qui donne à leur performance des apparences de rituels barbares. Comme si le temps d’un concert, on retournait en arrière pour admirer, comme a scandé le chanteur Erik Danielsson en deux chansons : « la noirceur du passé face aux couleurs du présent ».

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