22 Mar 2018

Santana : critique et photos du spectacle à Montréal (2018)

Le maître de la guitare Carlos Santana s’est amené au Centre Bell dans le cadre de sa tournée Divination 2018. Le virtuose latin est venu avec toute sa troupe nous servir une série de succès, ainsi que quelques petits bijoux moins connus.

Le spectacle n’était pas encore commencé et une lourde odeur d’encens flottait devant la scène. Le Centre Bell n’était pas à capacité, mais il y avait très peu de places libres. On pouvait sentir l’enthousiasme et l’anticipation des gens; Carlos Santana était attendu.

Soul Sacrifice a ouvert la soirée de belle façon : l’introduction graduelle des instruments se prêtait bien à la mise en scène. Dès l’ouverture du spectacle, certaines choses sautent aux yeux :

Premièrement, malgré ses 71 ans, Monsieur Santana est en forme! Armé de sa guitare dorée, il arpente la scène s’arrête pour pousser la note et reprend son parcours. Il se dandine, va jouer devant la batterie, certainement pour faire les yeux doux à son épouse, puis reprend son parcours.

Deuxièmement, l’éclairage est magnifique. Simple et efficace, mais vraiment bien utilisé. Le son n’est pas en reste non plus. On distingue nettement chaque instrument, chaque nuance. De sa sonorité tellement particulière, la guitare de Carlos Santana perce le mur sonore sans trop d’effort. Comme c’est maintenant presque la norme, un immense écran agit comme toile de fond pour présenter des images pertinentes à la chanson.

Les chansons se succèdent : Jin-Go-Lo-Ba, Evil Ways, puis A Love Supreme, le succès de John Coltrane. C’est durant cette pièce que Ray Green, l’un des chanteurs du groupe, sort son trombone. Il l’utilisera d’ailleurs à quelques autres reprises durant le spectacle.

J’ai malheureusement manqué Black Magic Woman, mais je suis revenu à temps pour Oye Como Va. La foule s’est véritablement réveillée; la plupart des gens sont debout et dansent devant leur siège. Encore une fois, le son est magnifique. Les percussions sont entraînantes; la guitare et l’orgue s’échangent les solos. C’est la fête dans le Centre Bell.

Carlos profite d’ailleurs de la fin de la chanson pour s’adresser à la foule. Il remercie les gens d’être venus, affirme que la foule de Montréal est la meilleure de la tournée jusqu’à présent et qu’il aimerait bien pouvoir tous nous emmener avec lui. Il commence ensuite à parler du pouvoir de l’énergie positive et à quel point elle peut être utilisée pour faire de belles choses. Sur ce commentaire, le groupe entreprend Europa (Earth’s Cry, Heaven Smile), un blues bien senti, puis poursuit avec Samba Pa Ti.

Question d’électrifier la foule de nouveau, le groupe commence Batuka, puis No One to Depend On. Dans ce segment, les deux chanteurs se démarquent particulièrement. Ils ont des voix magnifiques et celles-ci retentissent dans un Centre Bell silencieux et attentif.

Carlos Santana est ensuite revenu nous raconter l’histoire d’un type qui s’appelle Swamp Dog, qui est l’auteur de la chanson Trouble To Your Mind. Il revient ensuite en disant que la troupe se sent généreuse ce soir et qu’ils désirent offrir des leçons d’espagnol gratuites. Les premières notes de Mona Lisa retentissent les gens se mettre à taper des mains spontanément. Sans attendre, la chanson suivante commence, c’est l’hystérie dans le Centre Bell quand les gens reconnaissent le rythme de basse de Maria Maria. Les chansons s’enchaînent rapidement : Foo Foo et Corazon Espinado.

Les musiciens quittent la scène quelques instants, puis reviennent pour entreprendre Are You Ready People, lors de laquelle Cindy Blackman Santana nous sert un solo de batterie bien senti. Juste assez long pour mettre le feu, mais pas trop long pour l’éteindre; la batteuse nous a servi toute une démonstration de son savoir-faire. À peine les dernières notes de la chanson terminées que le groupe entreprend Smooth, au grand bonheur de la foule. Les gens, déjà debout, recommencent à danser et cette fois, c’est dans les allées que se transportent les danseurs. C’est sur la très positive Love, Peace, Happiness que s’est terminé le spectacle.

Carlos Santana a beau rouler sa bosse depuis 1969, son mélange de blues et de jazz latino bien à lui est encore aussi populaire qu’à l’époque où il a enflammé Woodstock. Cependant, aujourd’hui, son spectacle est une machine bien huilée; les musiciens sont des pros, qui savent s’amuser, mais qui tiennent fermement les rênes. Ce n’est cependant pas un défaut; l’exécution musicale est parfaite, la technique aussi et les gens ont semblé apprécier chaque seconde du spectacle; en tout cas, il y avait beaucoup de gens souriants aux alentours du Centre Bell vers 22h30 hier soir.

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