26 Mar 2018

Judas Priest : Critique et photos du spectacle à Ottawa (2018)

Le TD Place recevait une tournée décapante en ce dimanche soir. Tournée qui fera quelques jaloux à Montréal, car aucune date n’a encore été annoncée pour la métropole : Judas Priest avec Saxon et Black Star Raiders en première partie. Une soirée de vétérans qui savent comment donner un spectacle!

Les Black Star Raiders font du Hard Rock dans la plus pure tradition du genre. Ceux qui ont l’impression d’avoir déjà entendu le groupe ne se trompent pas : il s’agit, de fait, de la plus récente incarnation de Thin Lizzy qui a décidé de changer de nom, par respect pour l’œuvre de Phil Lynott. La formation s’est arrêtée à Montréal la veille pour donner un spectacle au Fairmount, à Montréal. Le groupe a trois albums à son actif et a puisé dans les trois pour nous offrir une prestation courte, mais très « punchée ». Le chanteur, Ricky, est très énergique, tout comme Chad, le batteur. À la présentation des musiciens, on comprend qu’on est quand même loin du Thin Lyzzy original, étant donné que seul Ricky est d’origine irlandaise. Ils ont beau avoir changé de nom, ça sonne comme du Thin Lizzy (particulièrement la chanson Bound For Glory), ce qui n'est pas une mauvaise chose du tout. Le groupe nous a offert une excellente prestation malgré une réaction mitigée de la foule. Celle-ci a servi un accueil un peu froid au groupe, mais qui s'est améliorée au fur et à mesure qu'avançait le spectacle.

Chansons :

All Hell Breaks Loose
Jailbreak (chanson de Thin Lizzy)
Heavy Fire
Soldierstown
The Killer Instinct
When the Night Comes In
Kingdom of the Lost
Bound for Glory

Biff Byford et sa bande ont ensuite pris la scène d’assaut. L’année dernière, j’ai eu la chance d’assister au spectacle de Saxon au Corona et j’ai adoré. Cette fois-ci, le groupe est en première partie et devait nous servir une prestation ultra-concentrée de son Heavy Metal à l’ancienne. Et c’est ce que les rockers britanniques ont fait, en partis : nous avons eu droit à beaucoup de succès et à quelques chansons de Thunderbolt, un nouvel album tout frais sorti du four. D’ailleurs, je le recommande aux amateurs du genre; c’est un très, très bon album. Encore une fois, la foule prend du temps à se réchauffer. Elle ne réagit pas beaucoup pendant les chansons. Une partie du parterre, à l'extrême gauche, est active, mais le centre ne bouge pas du tout.

Biff s’est adressé à la foule à quelques reprises, entre autres, pour dire qu’ils avaient joué à Québec la veille et que la soirée avait été… correct (hahaha). C’est quand même drôle de voir un autre point de vue que celui de Montréal. Il a ensuite expliqué que les gens étaient mieux d’être en forme, car le spectacle était filmé. Comme d’habitude, il a emprunté une veste dans la foule pour interpréter Demin and Leather; veste qu’il a signée avant de la remettre à son propriétaire. Il a également parlé de chanson They Played Rock-N Roll, qui se trouve sur le nouvel album et qui est dédiée à Motorhead.

Saxon a bien rempli son rôle de première partie. Quand le groupe a quitté les planches, l’atmosphère avait grimpé de quelques crans. La foule était fébrile en attendant les maîtres de la soirée.

Chansons :

Thunderbolt
This Town Rocks
The Secret of Flight
Motorcycle Man
Nosferatu (The Vampires Waltz)
Dallas 1 PM
They Played Rock and Roll
Denim and Leather
Princess of the night
Wheels of Steel

On peut dire que 2018 est une année marquante pour Judas Priest : c’est malheureusement l’année ou le groupe perd son guitariste de longue date, Glen Tipton, mais c’est aussi l’année qui marque le retour en force du groupe. Judas Priest a sorti, avec Firepower, son meilleur album depuis longtemps. Le groupe va d’ailleurs nous servir quelques-unes de meilleures chansons de cet album en plus de puiser dans son vaste répertoire d’offrandes métalliques. Pas de surprise ici, outre le petit dernier, c’est British Steel qui est en vedette.

Avant même que les lumières se ferment, War Pigs de Black Sabbath retentit dans les haut-parleurs. La foule chante avec entrain en attendant l’arrivée du groupe sur scène. Priest ouvre les hostilités avec Firepower; dès les premières secondes, on voit que le groupe n’est pas là pour faire de la dentelle. Nous aurons droit à du métal pur et dur. Richie n’arrête pas deux secondes, se lance partout, sans manquer une note. Rob entre sur scène en véritable dieu du métal : majestueux, imposant et suffisant. Scott Travis se démène derrière sa batterie. Ian Hill, le vétéran du groupe, occupe le côté droit de la scène, avec Andy Sneap, qui se fait assez tranquille au début du spectacle.

Première surprise, le groupe se lance dans Running Wild, De l’album Killing Machine; une chanson qu’on n’a vraiment pas entendue souvent en spectacle. Ensuite vient Grinder et, autre surprise, Sinner; une autre chanson rare! Derrière le groupe, se trouve un écran géant (c’est presque rendu obligatoire d’en avoir un!), sur lequel est affichée la pochette de l’album d’où provient la chanson qui commence. Je trouve que c’est une utilisation à la fois intéressante et originale de cet équipement maintenant omniprésent dans les spectacles de musique.

Une chanson que j’aime toujours entendre en spectacle, c’est The Ripper; le groupe ne m’a pas déçu et nous l’a joué hier soir. Nous avons ensuite eu droit à Bloodstone, une autre rareté, et à Saints in Hell. C’est la première fois que le groupe la joue dans le cadre d’une tournée. Cet événement rare sert à fêter le 40e anniversaire de l’album Stained Class. Rob souligne à la même occasion que le groupe fêtera ses 50 ans l’année prochaine. Ian Holmes est le seul membre de la formation originale.

Évidemment, un spectacle de Judas Priest ne serait pas complet sans un nombre impressionnant de changements de manteau pour Rob et sans son arrivée sur scène en moto pour la chanson Hell Bent for Leather. Nous avons eu droit à tout cela.

Je tiens à souligner la technique pour le spectacle d’hier : Le son était vraiment excellent et l’éclairage était époustouflant. Des lumières franches, colorées, bien utilisées, changeant constamment, mais sans risquer de provoquer des crises d’épilepsie. Les trois groupes en ont profité, ce qui est aussi rare.

Un spectacle de Judas Priest, c’est un événement assez formaté : Rob Halford bouge toujours de la même façon un peu bizarre sur scène, Richie est la bête de scène, Scott est très actif, mais limité par sa batterie. On pourrait s’attendre à ce que la routine s’installe. Ce n’est pas le cas. Judas Priest a réussi à nous surprendre hier avec quelques chansons vraiment sorties de nulle part et, bien sûr, les excellentes chansons de Firepower sont aussi venues ajouter une touche de nouveauté.

J’ai vu Priest quelques fois en spectacle et c’est le meilleur spectacle du groupe que j’ai vu. On sent qu’un esprit renouveau s’est emparé du groupe. On l’entend dans le nouvel album et on le voit en spectacle. J’espère fortement que le groupe annoncera une date pour Montréal bientôt.

Chansons :

Firepower
Running Wild
Grinder
Sinner
The Ripper
Lightning Strike
Bloodstone
Saints in Hell
Turbo Lover
The Green Manalishi (With the Two Prong Crown)
Evil Never Dies
Some Heads Are Gonna Roll
Breaking the law
Hell Bent for Leather
Painkiller

Rappel
The Hellion (enregistrement)
Electric Eye
Metal gods
You've Got Another Thing Comin'
Living After Midnight

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