19 Avr 2018

Protest The Hero: Critique et photos du spectacle à Montréal (2018)

Le National a reçu de la grande visite jeudi soir: le groupe de métal progressif ontarien Protest The Hero qui célébrait le 10e anniversaire de son chef d’œuvre Fortress. Un concert qui a dû être déplacé vers une plus grande salle pour répondre à la demande et que je ne voulais surtout pas manquer!

C’est d’abord le groupe de métalcore progressif d’Italie Destrage qui s’est chargé d’ouvrir la soirée. Cette tournée qui a débuté le 22 mars dernier les a amené pour la toute première fois en Amérique du Nord, alors ce n’est pas peu dire que je me suis sentie privilégiée d’avoir assisté à leur première prestation ici à Montréal! C’est sur les airs d’une mélodie troubadouresque que les cinq musiciens sont apparus et se sont lancé sans attendre. J’ai beaucoup apprécié Paolo Colavolpe avec sa voix parfois nasillarde, parfois grave et son attitude ‘’hardcore’’. À certains moments, il chantait comme s’il racontait une histoire, digne d’une comédie musicale. La batterie de Federico Paulovich était tant qu’à elle, tout simplement sublime et les guitares s’y sont accordées avec fluidité. Les gens déjà nombreux dans la salle n’ont toutefois pas trop réagi au-delà du ‘’brassage de tête’’ et de quelques petits trashs ici et là.

Pendant l’attente pour Good Tiger, un des musiciens est venu nous annoncer que leur batteur n’a pas pu être de la soirée mais qu’heureusement, Federico Paulovich allait faire le travail de percussionniste et ainsi sauver la mise. À noter que c’était la première fois que Paulovich se joignait à eux et il s’est plus que bien débrouillé. J’ai trouvé que la voix d’Elliot Coleman était trop aigüe par moment mais faut que j’admette qu’il réussissait à monter assez haut sans fausse note! La présence scénique de Coleman corroborait parfaitement à la musique progressive avec des nuances un peu jazzées. Ce dernier a semblé en transe pendant toute la prestation, se fermant les yeux et se laissant bercer. L’auditoire faisait de même, en hochant la tête et en ayant malheureusement l’air de s’ennuyer.

Finalement, le moment tant attendu a fini par arriver et c’est sur des notes de piano tragiques qu’est arrivé Protest The Hero. Dès la première pièce Bloodmeat, MA préférée, c’est comme si une tornade se déployait sur le parterre. Rody Walker était dans une forme splendide avec sa voix, chantant les paroles aussi vite qu’il le devait et souvent, sans vraiment prendre de pause. Il changeait ses intonations rapidement et sans erreur et ce, sans être essoufflé. Comment réussissait-il à chanter et à ne pas manquer d’oxygène? Et les 2 guitaristes Luke Hoskin et Tim MIllar dont les doigts se promenaient à un rythme effréné sur leurs frettes comme si c’était la chose la plus simple à accomplir. Cam McLellan m’a également semblé être un prodige avec sa basse, faisant résonner agilement ses cordes avec ses doigts, du rarement vu chez les bassistes. Et Mike Ieradi qui complète à merveille le groupe avec sa batterie, s’est déchainé solidement en contrôlant les rythmes et les tempos de chaque pièce.

Partout dans Le National, les fans chantaient des bouts de chanson même que pour certains, je suis convaincue qu’ils chantaient la totalité des paroles. Comme dans tout bon concert de métal, il y a eu plusieurs épisodes de body surfing, de stage diving et des trashs. Rody a interagit quelques fois avec son public, chaque fois de façon humoristique, parlant de son chapeau de capitaine qui n’a pas fait l’unanimité auprès des fans, des Maple Leafs et des Canadiens qui n’ont pas fait les séries. Bref, il était clairement à l’aise et dans son élément avec des fans de longue date.

Les gars ont bien entendu, joué l’album Fortress dans son intégralité et sont revenus pour un rappel de 3 pièces : Sex Tapes, la pièce où il y a eu le plus grand nombre de body surfing pendant une même chanson; Chuna Fish, une nouvelle pièce (le nouvel album à venir bientôt?) et Skies, une presque ballade où tout le monde chantait en chœur. Le concert a été tout simplement parfait même si je n’ai plus de voix et malgré mes bouchons dans mes oreilles, le son était tellement fort que j’en ai encore des acouphènes.

Lu 873 fois Dernière modification le vendredi, 20 avril 2018 02:31
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