10 Jui 2018

Black Pistol Fire / Thunderpussy : Critique et photos du spectacle de Montréal (2018)

Hier soir avait lieu le premier arrêt canadien du groupe Black Pistol Fire, en tournée pour leur plus récent album Deadbeat Graffiti. C’est devant une foule enthousiaste qu’ils se sont produits au théâtre Fairmount.

La première partie était assurée par le groupe Thunderpussy. Le groupe, composé uniquement de femmes (vous l’aurez deviné), est entré sur scène de façon presque inaperçue, sans acclamations ni applaudissements. La foule s’est tout d’abord faite polie, puis s’est graduellement réchauffée devant l’énergique performance du groupe et de leur chanteuse Molly Sides.

Toutes vêtues de paillettes ou de rose, à l’exception de leur drummer Ruby Dunphy qui a quant à elle préféré orner sa batterie plutôt que sa personne, les quatre filles ont offert une excellente prestation. Elles nous ont offert la plupart de leurs hits, tels que Velvet Noose, Fever, Thunderpussy et la ballade Torpedo Love, toutes accompagnées des mouvements de danse plutôt lascive de Molly Sides.

Malgré la voix puissante et juste de cette dernière, ce qui restera le moment fort de la première partie pour toutes les personnes présentes est sans contredit le solo de batterie de Ruby Dunphy. Sa technique sans faute et son énergie lui a valu de chaudes acclamations. Ses consœurs Whitney Petty à la guitare et Leah Julius à la basse, beaucoup plus discrètes sur scène, ne laisseront malheureusement pas un souvenir aussi fort que Ruby, qui pour ma part a même éclipsé celui de leur frontwoman.

C’est ensuite vers 22h qu’est monté sur scène le groupe tant attendu par la foule, Black Pistol Fire. Les deux membres du groupe, le guitariste et chanteur Kevin McKeown et le drummer Eric Owen, ont été reçu avec beaucoup d’enthousiasme par les fans présents au Fairmount. Il s’agissait du premier arrêt canadien de leur tournée.

J’avais tout d’abord des doutes par rapport à la performance scénique de seulement deux personnes, utilisant une track de basse préenregistrée pour accompagner leurs chansons. Pas d’autres musiciens sur scène. Toutefois, mes doutes se sont vite évaporés devant l’énergie extrêmement contagieuse de Kevin McKeown. Il a beau être seul sur scène, il en occupe chaque centimètre. Jouant de la guitare couché sur le dos, à genoux, en sautant, en sautillant, à travers la foule, jusque sur le bar à l’opposé de la scène (mention spéciale au technicien de scène qui lui fournissait le fil nécessaire à ses déplacements), celui-ci ne laisse pas sa place et donne son 110%.

Pas particulièrement jasant, les chansons se sont enchaînées sans relâche, incluant les excellentes Lost Cause, Speak of the Devil et Suffocation Blues. Étirant plusieurs chansons jusqu’à 5, 7 et même près de 10 minutes, c’est musicalement que Black Pistol Fire vous en mettra plein la vue. Avec de longs bouts seulement instrumentaux où le guitariste nous livre un rock bluesé bien senti, la foule n’a toutefois pas perdu le fil et a pleinement apprécié le talent musical des deux comparses. Difficile de faire autrement devant la manière expressive de Kevin de manipuler la guitare, qui passe autant par l’instrument que par ses propres expressions faciales et corporelles.

Sans artifices, avec uniquement quelques effets d’éclairage pour accompagner le jeu à la batterie, les spectateurs ne se sentent pas pour autant lésés. Les acclamations de la foule venaient prouver que l’énergie était au rendez-vous lors de ce passage montréalais.

Black Pistol Fire est le genre de groupe que si vous n’étiez pas fan au départ, les voir sur scène vous convaincra incontestablement. Nul doute qu’il y aura encore plus de fans au rendez-vous s’ils nous donnent le plaisir de repasser au Québec.

 

 

Lu 1727 fois Dernière modification le mardi, 12 juin 2018 12:38
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